Une nouvelle étape en faveur du RER à Uccle. A quel prix ?

La mise à 4 voies de la ligne 124 et la création d’un nouveau point d’arrêt Moensberg au croisement avec la ligne 26 ont fait l’objet d’une demande de permis d’urbanisme qui a été soumise à enquête publique en novembre et décembre 2007.

Le comité de riverains Collectif 124 a, ainsi qu’il en a l’habitude fourni un travail technique d’évaluation très critique à l’égard de cette demande. En Commission de concertation, ce 9 janvier 2008, il a présenté ses arguments pour prouver que le passage à 4 voies sur Uccle n’était pas fondé ou en tout cas représente un coût peu en proportion avec le gain de temps prévus pour les trains.

Pour notre Comité de quartier « Vallée du Linkebeek », considérant les précédentes décisions communales et régionales en faveur de ces aménagements et l’intérêt indéniable qu’ils représentent pour les habitants d’Uccle, les interpellations ont plutôt été dans le sens d’une minimalisation des inconvénients inhérents à un tel projet, tant pour ses riverains les plus immédiats que pour l’ensemble des riverains ucclois de ces lignes de chemin de fer dont le trafic n’ira que croissant.

Voici la lettre que nous avons adressée à la Commune d’Uccle dans le cadre de l’enquête publique.

Nous reproduisons in extenso l’avis de la Commission de concertation du 9 janvier 2008.

Cet avis est décevant à propos de certains points :

  • Les problèmes de mobilité créés par le projet quand il sera opérationnel, sont complètement niés;
  • Si un considérant évoque la perte d’un bout de piste cyclable et le souhait d’intégrer dans le site d’autres liaisons cyclistes et piétonnes, seule cette dernière idée est évoquée de manière bien vague dans les conditions de l’avis proprement dit;
  • Les problèmes de sécurité ne sont pas sérieusement pris en considération; l’installation d’une vidéo-surveillance n’assure pas un contrôle social satisfaisant; seul un aménagement différent des lieux aurait pu diminuer le sentiment d’insécurité. Par exemple en supprimant la mezzanine chauffée et les ascenseurs inutiles, en déplaçant le parking au Sud de la ligne 26 (mais la SNCB vient de vendre ce terrain à la Région !), en intégrant un terminus de bus STIB dans la zone de parking, en augmentant les accès PMR, en favorisant une mixité urbanistique (bureaux et commerces) sur le site lui-même.
  • La reprise des eaux de pluie des quais et de la dalle de la halte Moensberg (et non Linkebeek comme écrit de manière erronée – nous l’espérons) dans l’égout de la rue du Moensberg (soi-disant pour éviter la crue du ruisseau Linkebeek !) est catastrophique, alors que la SNCB avait prévu initialement le long de la rue du Bourdon une mare servant de bassin d’orage. Ces eaux iront gonfler les égouts trop souvent déjà saturés du Sud d’Uccle et engorger inutilement la station d’épuration de Bruxelles-Sud. Ce schéma est contraire au bon sens qui veut que les eaux de pluie puissent percoler au maximum de manière naturelle dans les terrains et ainsi éviter les inondations dans les fonds de vallée. Le plateau du Moensberg est à cet égard exceptionnel. Son urbanisation doit être réfléchie de manière globale et toute imperméabilisation évitée autant que possible ou à tout le moins compensée. L’avis de la Commission de concertation va à contre-courant. La pression immobilière et la rentabilisation des terrains de la SNCB imposent-elles une vue à si court terme ?
  • Comment croire ensuite à la condition qui prévoit de garantir une gestion harmonieuse des espaces verts du site, en privilégiant les fonctions écologiques et paysagères ? Ce beau principe n’est clairement pas appliqué. Au profit de qui ?

Le Comité